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Epicurisme autour de l’axoa au poulet

Julien Fournier

J’aurais pu chanter ce jour-là, Y’a de l’axoa bonjour bonjour les hirondelles, y’a de l’axoa… Tant ce plat venant du Pays basque me procure de la joie à chaque fois que je le croise. Et puis, si je vous dis qu’en langue basque, le x se prononce ch, vous comprendrez bien mieux la mélodie des gens heureux. Alors oui mes asticots, même si ce midi-là c’est un bocal que j’ai ouvert, j’ai surtout aéré un récipient dont le contenant était fait de belle manière. Nous étions sur de la mastique faite maison, gargotée avec passion. Ce plat rustique est fréquemment préparé avec de la viande de veau, émincé et cuit avec des piments doux et oignons. Diable, nous sommes loin de la cuisine moléculaire, mais pour moi, tout près d’y filer des beaux coups de molaires.

La spécificité de ma recette du jour redisait dans le choix de la viande, puisque le bovin juvénile laissait place à une caressante volaille. Nom d’une pipe en osier, la déconstruction de la tradition n’échappe donc à aucune couche de la société. Mais que l’idée est bonne ! Ce wokisme culinaire me procurait une satisfaction non dissimulée, dont je pouvais jouir seul et en toute tranquillité. En effet, lorsque le bipède tourne le couvercle d’un espace garni, il est souvent seul avec son appétit. Mon destin se dirigeait facilement ce midi-là vers la gastronomie de mon territoire, avec le poulet que j’aspirais à allonger sur un lit de verdure, qui, détrompez-vous, n’était pas un purgatoire. Ces quatre cents grammes de richesse gustative allaient s’appuyer sur le divan de mâche, afin que mon tube digestif ne prenne aucun coup de hache. J’apprécie de plus en plus avaler des verres ! Euh… du vert. Bien assaisonnée et agrémentée, l’herbe n’est plus une menace pour mon équilibre de glouton invétéré. Et si en plus elle est compressée sous un poulailler, je l’accueille avec la bénédiction d’un moine au Tibet. Et si nous y mettions la première bastonnade mes braves pintades !

L’oiseau domestique apportait un aspect aérien à mon amas calorique. La mâchouille était tellement complaisante, que je faisais descendre le niveau de grammage du souper à la vitesse d’un skieur sur une ardue pente. J’enchaînais les bouchées avec la cadence d’un ouvrier textile de Valenciennes, sans que m’en empêche ma naissante bedaine. Diable, pas le temps de s’endormir devant mon désir. Et puis si c’était le cas, les épices viendraient nous réveiller avec fracas. Ma pitance était comme une mêlée des années 80, relevée. Les plats familiaux sont traditionnellement de caractère, et celui-ci s’englobait parfaitement dans ce que représente le Pays basque et sa terre. Je m’offrais littéralement un moment de réconfort en gobichonnant cette offrande, car oui mes divins esturgeons, ma becquée ne fut pas volée.

Ma bonne chère avait une histoire, que je devais honorer avec la rigueur d’un œnologue devant un crachoir. J’avais eu le privilège de visiter la semaine précédente, une entité glorifiant la production locale et mettant en avant une production raisonnée de volailles respectées. La tenancière, me voyant le museau littéralement collé aux plats cuisinés, ne pouvait pas faire autrement que de me consigner dans le creux de ma main, un alléchant coupe-faim. Mazette, comment pourrais-je mieux m’imprégner de notre environnement entourant ! Il m’aura fallu seulement quelques jours afin de succomber au présent que j’avais reçu avec amour. Merci pour ce moment.

axoa de poulet
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